Brasero zéro, troisième volet des folles de la nationale 4

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Est-ce que Clyde Barrow aurait laissé croupir en prison Bonnie Parker ? Joseph n’a pas hésité, désormais, Louise est libre, l’évasion du commissariat central, la presse est unanime, a été rocambolesque, d’une audace inouïe. À l’autre bout de la vallée, ce sont les inconditionnels de Christian, le jeune établi, pourfendeur de leurs revendications ouvrières, qui prennent d’assaut la gendarmerie et le soustraient de derrière les barreaux. Le mouvement des ouvriers de chez Steinheil vient de passer un cap, tant de mépris, pour leurs droits si souvent méprisés, attisent la rancœur de chacun. Il n’est plus question de faire marche arrière, les grévistes bloquent l’entrée et la sortie de la petite bourgade, ils font face au peloton de CRS, déployé pour leur barrer la route. Une étincelle et c’est le brasier qui s’enflamme.
Prise entre deux feux, la Vierge Noire, l’envoyée du Général Idi Amin Dada, est contrainte, par de sourdes manœuvres, d’entrer dans la danse des ravisseurs du fils Janel, l’enfant du chef du personnel de l’entreprise. Si elle veut quitter au plus vite ce nid de bolchevique, d’agitateurs vindicatifs, elle devra se soumettre aux nouvelles règles imposées. Elle ne le sait pas encore, mais Joseph est sur sa trace et pour rien au monde, il ne lâchera prise. La mort de Lili Perdrix ne peut rester impunie, il se sent tellement coupable… Sa soif de vengeance l’enivre, et son âme ne pourra reposer en paix que lorsque la Vierge Noire arpentera le territoire des ombres.

Vous le trouverez chez tous les bons libraires du net, à commencer par ici.

Bonne lecture à tous!

Pour les retardataires, le premier épisode et le second.

À l’est, toujours plus à l’est : Les Folles saison 2, épisode 2 !

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Lili Perdrix a succombé aux balles meurtrières de la Vierge Noire, l’ange exterminateur envoyé par le Général Idi Amin Dada pour solder de vielles rancoeurs. Joseph Hosana, son garde du corps erre dans les rues, l’âme en peine, le cœur broyé par la culpabilité et les remords. Aurait-il pu éviter le guet-apens et sauver sa jeune protégée ?
À l’autre bout de la vallée, non loin de la frontière, les grévistes de chez Steinheil sont sous le choc en apprenant le rapt de l’enfant Janel, le fils du chef du personnel de l’usine. Qui a pu commettre un telle infamie ? Pourquoi les ravisseurs ont-ils signé leur méfait par cette inscription sur le mur de la chambre de l’enfant : les folles de la Nationale 4 sont de retour ? La tension est palpable dans les rangs des ouvriers, cette sale histoire tombe au pire moment, qui veut discréditer leur mouvement ? Mais tout va très vite s’embraser, Christian, le meneur de la contestation est arrêté en compagnie de Louise, la seule rescapée du duo terrible des folles de la Nationale 4. Le jeune homme bien malgré lui est emporté dans ce tourbillon où vengeance et manipulation sont les maîtres mots. Il comprend que désormais rien ne sera jamais plus comme avant, il joue là son dernier combat, sa dernière barricade…

Si vous avez raté  l’épisode 1, vous le trouverez ici. Pour les autres, venez vite découvrir « Idi Amin, mon amour »

Enfin, pour être tout à fait complet, on s’est retrouvé avec Hervé, autour de quelques mousses pour discuter.

Interviews auto-promo : Thomas Galley

Qui est Thomas Galley ?
Personnage à facettes multiples dans la grande comédie humaine, il cherche à s’évader de l’ennui ambiant par l’exaltation des petits gestes : un pavé déplacé par un brin d’herbe, le vol d’une mouche qui se casse la gueule conte une vitre, encore et encore, le regard de l’amant qui se pose sur les lèvres de la femme, l’odeur de celle-ci qui lui défonce les narines, les mains qui se serrent et s’agitent sur un quai de gare pour dire adieu.
(Rire) Et bien, on dirait que la bière coule à flot en Allemagne. A ce propos, un allemand qui écrit en Français c’est plutôt original, non ? Tu peux nous en dire plus sur ce choix ?
La langue française, c’est le premier et sans doute le plus grand amour de ma vie. Ce qui explique sans doute l’omniprésence de l’érotisme dans mes écrits.
Quant à la bière, c’est vrai qu’elle coule à flot et qu’elle n’est pas mauvaise du tout dans ma région, mais quand j’en veux une qui me fasse rêver, je me rends chez nos voisins les Belges.
En ce qui concerne la bière, je laisserai les lecteurs seuls juges. Par contre, en ce qui concerne le français, en te lisant, j’ai l’impression de redécouvrir la langue comme elle se maniait au XIXème siècle. C’est un effet voulu ? Une forme de nostalgie en réaction à l’ennui que tu évoquais plus haut ?
Il n’y a aucune nostalgie là-dedans, plutôt une question d’éducation voire d’héritage. J’ai découvert la littérature en compagnie de Julien Sorel et de Lucien Chardon, je me suis ensuite enfoncé dans les derniers recoins du monde littéraire avec Pétrus Borel et Frédéric Soulié avant d’aboutir, tout au fond de ce long XIXe siècle, à l’exaltation de la mémoire avec Proust.
En regardant de près, on se rend compte que le XIXe siècle a façonné en profondeur nos sociétés actuelles. Même nos valeurs littéraires, malgré tout l’engagement d’un Aragon, d’un Malraux ou d’un Sartre, et malgré encore l’empreinte beaucoup trop légère qu’a laissée le Nouveau Roman, ne sauraient se comprendre sans avoir recours à la comédie humaine ou à l’année charnière, 1857, qui a vu la publication de tant d’œuvres clé de la littérature européenne.
En parlant d’ancrage, en même temps que tu publiais ton premier roman (L’aventure de Nathalie, éditions Kirographaire, 2011), tu participais au premier opus des 10…, du coup j’ai envie de te demander si pour toi, papier et numérique constituent le prolongement d’une même aventure, où s’il s’agit de deux expériences différentes ?
Au départ, c’est une même aventure, un même pari aussi, celui de venir à bout de la page blanche. Ensuite, le numérique, c’est bien plus que de la lecture. Plus que des textes illustrés aussi. Le texte peut s’accompagner d’une bande son, et on peut y mettre des hyperliens qui permettent de briser l’unité de la narration, d’ouvrir de nouveaux horizons, au risque de voir le lecteur partir pour de bon, mais dans l’espoir aussi de le voir revenir enrichi au même titre que le texte qu’il vient de quitter.
Avant de se figer dans un format papier, une version illustrée de mon premier roman a été publiée sur la toile (où il se trouve toujours d’ailleurs), avec la possibilité offerte aux lecteurs de laisser des commentaires au bout de chaque chapitre. Un certain nombre d’internautes se sont servis de cet outil supplémentaire, ce qui leur a permis de quitter le rôle passif dans lequel la conception « classique » de la littérature voudrait les enfermer.
Je dirais donc qu’il s’agit clairement d’expériences différentes, mais peut-être plutôt au niveau du lecteur qu’à celui de l’auteur.
Lorsque tu parles des commentaires, t’en es-tu servi dans l’écriture de ton roman ? Ou l’as-tu mis en ligne seulement une fois le texte fini ?
Le roman a été grosso-modo terminé au moment de le mettre en ligne. Mais comme je l’ai publié chapitre par chapitre, pour ne pas étouffer les lecteurs sous une avalanche de mots, je me suis relu chaque jour et j’ai apporté de petits changements en cours de route. Mais je n’ai pas touché à la trame du récit. Quand j’ai changé quelque chose, c’était pour améliorer le style, pour trouver un mot plus apte à exprimer ma pensée ou mon ressenti. Je n’ai donc pas utilisé les commentaires des lecteurs cette fois-ci, mais je conçois que cela puisse se faire, un peu à l’instar des séries américaines où le scénario peut changer en fonction de la réaction du public.
Ce qui se tient si l’on considère que la Comédie humaine est un rassemblement de textes épars écrits à divers moments, divers endroits, et sous divers noms… Mais ne penses-tu pas qu’à force de tirer sur la corde de l’écriture sociale, l’oeuvre, le style et le propos de l’auteur finissent par se diluer et se perdre dans le grand brouhaha du web ?
C’est une réelle possibilité et il faut être conscient de ce que cela pourrait signifier, à savoir la fin de l’auteur aux contours clairs, bien définis. Ceci dit, il faut savoir que cette conception de l’auteur, qui se réclame – encore – de la pensée des XVIIIe et XIXe siècle, est assez récent. Pendant des millénaires, l’auteur n’était pas perçu comme un être de génie, un créateur inspiré par la parole divine, mais plutôt comme un artiste qui reprend la parole d’autrui pour illustrer un sujet qui existe depuis longtemps déjà. Son seul mérite était de trouver de meilleures façons de tourner les mots, d’agencer les images, de faire fibrer sa corde. Avec l’avènement de l’internet et de l’auditoire mondial, on revient peut-être vers ces idées originales de ce que pouvait être un artiste – auteur.
Quant à moi, comme je l’ai dit, j’ai d’abord terminé mon roman, et je l’ai publié ensuite. Cela veut sans doute dire que j’adhère encore à l’image du solitaire inspiré qui, dans sa petite chambre, (re)crée un monde. Pour la suite, on va voir. Il y a plusieurs pistes que je voudrais explorer, et il y a, parmi celles-ci, au-moins une qui me permettra de travailler « en plein air » – pour reprendre la formule qui a bousculé la peinture depuis les années 1830.
Du coup peut-on dire que ta participation aux 10… comme auteur pour le premier opus, et comme maître d’oeuvre du troisième à paraître, fait partie de ces pistes à explorer ? Autrement dit, peux-tu déjà dresser un premier bilan intermédiaire de ta collaboration avec Edicool, en tant qu’aventure humaine et/ou littéraire ?
Pour ce qui est du premier volume, je n’ai pas vraiment eu l’impression de faire partie d’un effort collectif. Je savais bien évidemment qu’il y avait toute une équipe d’auteurs, mais ils ne se sont pas vraiment constitués en groupe. C’est peut-être parce que l’équipe des « 10 petites suites 2806″ a été trop hétéroclite ? Il me semble que l’élément collectif joue un rôle plus important dans l’effort de Franck-Olivier Laferrère qui a donné naissance au deuxième épisode, « Aimer, c’est résister ». Ce volume a vu participer les membres de Ciderrant Prod, des personnes donc qui se connaissent depuis un certain temps et qui échangent. Encore que, si j’ai bien compris les intentions de FOL, il s’agit surtout, pour lui, de résister aux sirènes d’une certaine collectivisation littéraire.
Quant à moi, l’idée de faire partie d’un ensemble est beaucoup plus présente depuis que je dirige le volume qui se prépare pour l’été, rien que par le seul fait que je connais tous les auteurs impliqués et qu’il y a des contacts assez noués entre eux et moi. Mais comme l’idée de base de la collection est de permettre à chacun de s’épanouir, d’être bien dans son texte, et de faire entendre sa voix, il me semble qu’on est très loin, dans le monde des Dix, d’un effort collectif.
Quant à l’aspect humain de ma collaboration avec Edicool, je suis ravi par la richesse que je découvre quotidiennement dans les pensées et les mots de ceux qui participent à cette aventure éditoriale.
Oui, mais là tu triches… (rire). C’est toi qui était sensé être interviewé (rire) ! Mais c’est vrai que l’idée derrière le premier volume était d’avantage celle d’un tir groupé que d’une réelle mise en relation des auteurs. Maintenant, aussi, ce n’est pas une règle, c’est pour cela que nous avons souhaité une direction d’ouvrage tournante… Découvrir différents styles, propos, ou conception de l’exercice. Et pour nous aussi cette expérience est très enrichissante, d’ailleurs nous attendons impatiemment que tu nous rendes ta copie…
Si tu ne vois rien à ajouter, je pense que nous pouvons  nous dire à bientôt, pour la suite du récit de cette aventure ?
L’aventure va continuer, et c’est ça le principal ! J’aimerais quand-même, avant de terminer cet entretien, exprimer mon admiration devant les beaux textes que ma collaboration avec Edicool m’a permis de découvrir. Comme, tout récemment encore, celui d’Hervé Fuchs, Les Folles de la Nationale 4, dont je recommande très, très vivement la lecture à toutes celles et à tous ceux qui voudraient découvrir les abîmes qui s’ouvrent à deux pas de chez nous, en pleine Lorraine.

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Qui est Thomas Galley ?

Personnage à facettes multiples dans la grande comédie humaine, il cherche à s’évader de l’ennui ambiant par l’exaltation des petits gestes : un pavé déplacé par un brin d’herbe, le vol d’une mouche qui se casse la gueule conte une vitre, encore et encore, le regard de l’amant qui se pose sur les lèvres de la femme, l’odeur de celle-ci qui lui défonce les narines, les mains qui se serrent et s’agitent sur un quai de gare pour dire adieu.

(Rire) Et bien, on dirait que la bière coule à flot en Allemagne. A ce propos, un allemand qui écrit en français c’est plutôt original, non ? Tu peux nous en dire plus sur ce choix ?

La langue française, c’est le premier et sans doute le plus grand amour de ma vie. Ce qui explique sans doute l’omniprésence de l’érotisme dans mes écrits.
Quant à la bière, c’est vrai qu’elle coule à flot et qu’elle n’est pas mauvaise du tout dans ma région, mais quand j’en veux une qui me fasse rêver, je me rends chez nos voisins les belges.

En ce qui concerne la bière, je laisserai les lecteurs seuls juges. Par contre, en ce qui concerne le français, en te lisant, j’ai l’impression de redécouvrir la langue comme elle se maniait au XIXème siècle. C’est un effet voulu ? Une forme de nostalgie ? Une réaction à l’ennui que tu évoquais plus haut ?

Il n’y a aucune nostalgie là-dedans, plutôt une question d’éducation voire d’héritage. J’ai découvert la littérature en compagnie de Julien Sorel et de Lucien Chardon, je me suis ensuite enfoncé dans les derniers recoins du monde littéraire avec Pétrus Borel et Frédéric Soulié avant d’aboutir, tout au fond de ce long XIXe siècle, à l’exaltation de la mémoire avec Proust.

En regardant de près, on se rend compte que le XIXe siècle a façonné en profondeur nos sociétés actuelles. Même nos valeurs littéraires, malgré tout l’engagement d’un Aragon, d’un Malraux ou d’un Sartre, et malgré encore l’empreinte beaucoup trop légère qu’a laissée le Nouveau Roman, ne sauraient se comprendre sans avoir recours à la comédie humaine ou à l’année charnière, 1857, qui a vu la publication de tant d’œuvres clé de la littérature européenne.

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En parlant d’ancrage, en même temps que tu publiais ton premier roman (L’aventure de Nathalie, éditions Kirographaire, 2011), tu participais au premier opus des 10…, du coup j’ai envie de te demander si pour toi, papier et numérique constituent le prolongement d’une même aventure, où s’il s’agit de deux expériences différentes ?

Au départ, c’est une même aventure, un même pari aussi, celui de venir à bout de la page blanche. Ensuite, le numérique, c’est bien plus que de la lecture. Plus que des textes illustrés aussi. Le texte peut s’accompagner d’une bande son, et on peut y mettre des hyperliens qui permettent de briser l’unité de la narration, d’ouvrir de nouveaux horizons, au risque de voir le lecteur partir pour de bon, mais dans l’espoir aussi de le voir revenir enrichi au même titre que le texte qu’il vient de quitter.

Avant de se figer dans un format papier, une version illustrée de mon premier roman a été publiée sur la toile (où il se trouve toujours d’ailleurs), avec la possibilité offerte aux lecteurs de laisser des commentaires au bout de chaque chapitre. Un certain nombre d’internautes se sont servis de cet outil supplémentaire, ce qui leur a permis de quitter le rôle passif dans lequel la conception « classique » de la littérature voudrait les enfermer.

Je dirais donc qu’il s’agit clairement d’expériences différentes, mais peut-être plutôt au niveau du lecteur qu’à celui de l’auteur.

Lorsque tu parles des commentaires, t’en es-tu servi dans l’écriture de ton roman ? Ou l’as-tu mis en ligne seulement une fois le texte fini ?

Le roman a été grosso-modo terminé au moment de le mettre en ligne. Mais comme je l’ai publié chapitre par chapitre, pour ne pas étouffer les lecteurs sous une avalanche de mots, je me suis relu chaque jour et j’ai apporté de petits changements en cours de route. Mais je n’ai pas touché à la trame du récit. Quand j’ai changé quelque chose, c’était pour améliorer le style, pour trouver un mot plus apte à exprimer ma pensée ou mon ressenti. Je n’ai donc pas utilisé les commentaires des lecteurs cette fois-ci, mais je conçois que cela puisse se faire, un peu à l’instar des séries américaines où le scénario peut changer en fonction de la réaction du public.

Ce qui se tient si l’on considère que la Comédie humaine est un rassemblement de textes épars écrits à divers moments, divers endroits, et sous divers noms… Mais ne penses-tu pas qu’à force de tirer sur la corde de l’écriture sociale, l’oeuvre, le style et le propos de l’auteur finissent par se diluer et se perdre dans le grand brouhaha du web ?

C’est une réelle possibilité et il faut être conscient de ce que cela pourrait signifier, à savoir la fin de l’auteur aux contours clairs, bien définis. Ceci dit, il faut savoir que cette conception de l’auteur, qui se réclame – encore – de la pensée des XVIIIe et XIXe siècle, est assez récent. Pendant des millénaires, l’auteur n’était pas perçu comme un être de génie, un créateur inspiré par la parole divine, mais plutôt comme un artiste qui reprend la parole d’autrui pour illustrer un sujet qui existe depuis longtemps déjà. Son seul mérite était de trouver de meilleures façons de tourner les mots, d’agencer les images, de faire vibrer sa corde. Avec l’avènement de l’internet et de l’auditoire mondial, on revient peut-être vers ces idées originales de ce que pouvait être un artiste – auteur.

Quant à moi, comme je l’ai dit, j’ai d’abord terminé mon roman, et je l’ai publié ensuite. Cela veut sans doute dire que j’adhère encore à l’image du solitaire inspiré qui, dans sa petite chambre, (re)crée un monde. Pour la suite, on va voir. Il y a plusieurs pistes que je voudrais explorer, et il y a, parmi celles-ci, au-moins une qui me permettra de travailler « en plein air » – pour reprendre la formule qui a bousculé la peinture depuis les années 1830.

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Du coup peut-on dire que ta participation aux 10… comme auteur pour le premier opus, et comme maître d’oeuvre du troisième à paraître, fait partie de ces pistes à explorer ? Autrement dit, peux-tu déjà dresser un premier bilan intermédiaire de ta collaboration avec Edicool, en tant qu’aventure humaine et/ou littéraire ?

Pour ce qui est du premier volume, je n’ai pas vraiment eu l’impression de faire partie d’un effort collectif. Je savais bien évidemment qu’il y avait toute une équipe d’auteurs, mais ils ne se sont pas vraiment constitués en groupe. C’est peut-être parce que l’équipe des « 10 petites suites 2806″ a été trop hétéroclite ? Il me semble que l’élément collectif joue un rôle plus important dans l’effort de Franck-Olivier Laferrère qui a donné naissance au deuxième épisode, « Aimer, c’est résister ». Ce volume a vu participer les membres de Ciderrant Prod, des personnes donc qui se connaissent depuis un certain temps et qui échangent. Encore que, si j’ai bien compris les intentions de FOL, il s’agit surtout, pour lui, de résister aux sirènes d’une certaine collectivisation littéraire.

Quant à moi, l’idée de faire partie d’un ensemble est beaucoup plus présente depuis que je dirige le volume qui se prépare pour l’été, rien que par le seul fait que je connais tous les auteurs impliqués et qu’il y a des contacts assez noués entre eux et moi. Mais comme l’idée de base de la collection est de permettre à chacun de s’épanouir, d’être bien dans son texte, et de faire entendre sa voix, il me semble qu’on est très loin, dans le monde des Dix, d’un effort collectif.

Quant à l’aspect humain de ma collaboration avec Edicool, je suis ravi par la richesse que je découvre quotidiennement dans les pensées et les mots de ceux qui participent à cette aventure éditoriale.

Oui, mais là tu triches… (rire). C’est toi qui était sensé être interviewé (rire) ! Mais c’est vrai que l’idée derrière le premier volume était d’avantage celle d’un tir groupé que d’une réelle mise en relation des auteurs. Maintenant, aussi, ce n’est pas une règle, c’est pour cela que nous avons souhaité une direction d’ouvrage tournante… Découvrir différents styles, propos, ou conception de l’exercice. Et pour nous aussi cette expérience est très enrichissante, d’ailleurs nous attendons impatiemment que tu nous rendes ta copie…
Si tu ne vois rien à ajouter, je pense que nous pouvons  nous dire à bientôt, pour la suite du récit de cette aventure ?

L’aventure va continuer, et c’est ça le principal ! J’aimerais quand-même, avant de terminer cet entretien, exprimer mon admiration devant les beaux textes que ma collaboration avec Edicool m’a permis de découvrir. Comme, tout récemment encore, celui d’Hervé Fuchs, Les Folles de la Nationale 4, dont je recommande très, très vivement la lecture à toutes celles et à tous ceux qui voudraient découvrir les abîmes qui s’ouvrent à deux pas de chez nous, en pleine Lorraine.

Interviews auto-promo : Hervé Fuchs

Qui est Hervé Fuchs ?

T’es de la police ?
Blague à part, je suis un jeune gars de bientôt 50 ans, du signe du scorpion, j’adore le préciser, à chaque fois j’ai droit à un petit regard froncé, et si tu veux mon avis, même si je m’acharne, je n’aurais jamais cette putain de Rolex, ultime symbole de la réussite dans le Grand Tout. Comme beaucoup, je travaille la journée et le matin, très tôt, je me réserve du temps pour écrire, un vrai moment de liberté que je savoure au mieux. Que dire d’autre ? Je suis un tantinet timide, ma petite personne n’est pas mon sujet préféré. Si ça t’intéresse, je chausse du 42 et je suis fan de rock’n’roll, de bouquins, de culture underground… Enfin ça, c’est presque banal.
Une autre question inspecteur ?

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Ouais ! Qu’est-ce qu’un petit gars comme toi fait avec un fusil à canon scié dans sa besace ? Es-tu un sociopathe qui s’ignore ou plus simplement un grand amateur de polar ? (rire)

Il fait soif là, non ? Tu en reprends une ?
Très bonne question, je suppose que tu fais allusion à Joseph, le personnage central des Folles de la Nationale 4. Un fusil à canon scié par définition est une arme tronquée, bidouillée dans un garage, c’est sans doute mon côté bricoleur qui ressort (j’entends ma femme qui rigole). Non plus sérieusement, c’est une manière de ne pas se prendre au sérieux, je trouve qu’un fusil à canon scié a quelque chose de désuet, presque vintage au regard des armes d’aujourd’hui. Et puis, je me suis inspiré d’“Au nom de la loi ” avec Steve Mc Queen, tu te souviens de cette série ? Je voulais que Joseph possède une arme encombrante, pas facile à dissimuler et n’ayant que deux coups. Comme je n’écris aucun scénario à l’avance, ce genre de détails génèrent des idées, la contrainte est bien souvent source de création, enfin pour moi.
C’était quoi la question… ? Ah oui, sociopathe ? Non, mais amateur de polar oui, enfin plus de romans noirs en fait. Le côté flic ou privé qui mène son enquête m’ennuie, je ne vois pas l’intérêt. De grands écrivains l’ont déjà très bien fait, je pense notamment à Raymond Chandler, Léo Malet ou Simenon, mais quand je les lis ou relis, c’est le plaisir de retrouver le personnage principal, Philip Marlowe, Nestor ou Maigret, bien plus que l’histoire qui me ravit. D’ailleurs chez Connelly, je ne lis que les bouquins avec Harry Bosch. Tu sais, je ne suis pas un intellectuel, je n’ai rien à défendre ni à imposer, par contre je regarde, je n’en pipe pas une, mais je regarde autour de moi, la société, les mesquineries de chacun, les sentiments, l’amour, la haine, j’observe comment tout cela fonctionne, s’imbrique, interagit… Le polar ou le roman noir est un genre qui navigue à vue dans les eaux troubles de la condition humaine. Il t’autorise tous les extrêmes, toutes les méchancetés, et tous les contraires aussi, si bien évidemment tout cela n’est pas purement gratuit. Le sang n’est pas vraiment du sang, c’est un peu comme quand tu es gamin et que tu joues à Bang-Bang la guerre, tout ça n’est que de l’“entertainment”, du roman de gare ou du Pulp pour certains (les ébahis devant la bannière étoilée, qui engloutisse la culture américaine comme un curé la Sainte Évangile). Je sais que souvent ce genre est balayé du dos de la main avec un “pfitt” de dédain, mais peu importe, moi j’y trouve mon compte. Tiens au fait, tu sais ce qui selon moi différencie l’écriture de la littérature ? L’écriture, c’est celui qui écrit et la littérature, c’est celui qui en parle…
Il est long à nous servir nos bières, non ? Tu penses qu’il nous a oublié ? En plus, j’ai une méchante envie de m’en griller une, je t’avais dit qu’on serait mieux en terrasse.

Ben en attendant pour un bricoleur, elle envoie grave ta pétoire mec ! Tu viens de tout trouer mon interview avec ta chevrotine. Il y a des petits plombs et de la cervelle partout ! Comment tu veux que je nettoie tout ça maintenant ?
Ouais t’es un bricoleur plutôt doué ! Un qui écrit un roman et qui reçoit un prix… un qui fait ses illustrations et ses eBooks lui-même… Dis-moi t’avais vraiment besoin d’un éditeur ?
S’il se magne pas le loufiat, balance-y la seconde bastos ! Des fois c’est trop bon qu’il ait un con qui prenne pour tous les autres ! C’est totalement injuste mais c’est trop bon !

Tiens, je te la prête, tu sembles avoir des comptes à régler (rire).
Faire un ePub n’a rien de sorcier, c’est même d’une simplicité enfantine, ceux qui te disent le contraire sont des menteurs. Dessiner la couverture d’un bouquin est plus compliqué, je l’admets, mais d’un autre côté c’est un peu mon métier aussi, alors je m’y colle sans me poser de questions. C’est ce qui me plaît aux Éditions Edicool, tu es totalement libre, ton travail est pris tel quel, jamais censuré ou remis en question, hormis les fautes d’orthographe dont je suis particulièrement friand. Et puis tu sais, je suis de cette génération dont le credo était « Do it yourself ». Si tu veux quelque chose tu le fais, tu l’imposes et après on voit. Il y a longtemps maintenant que je n’écoute plus mon « sur moi », c’est une perte de temps. Quant à ta question, est-ce que j’ai vraiment besoin d’un éditeur ? Sans détour, oui. À l’heure actuelle, l’ambiance générale voudrait te faire croire que tu peux t’en passer, d’ailleurs aurais-tu posé cette question à un gars de chez Sonatine ou autre ? L’autoédition est un leurre, un attrape couillon qui a su très bien cerner sa cible. Les argumentaires sont très bien écrits, t’as l’impression qu’ils s’adressent à la future coqueluche littéraire, en fait ils te prennent pour un débile profond tellement c’est gros. Si je peux me permettre un conseil, pour imprimer ton bouquin, attends les promos de fin de mois, profite des 20% de remise et basta, c’est encore le seul moyen que tu as de leur faire un beau doigt d’honneur. L’autoédition t’enferme dans ta solitude, ce n’est pas parce que tu as édité ton bouquin, qu’il se vendra. Le nerf de la guerre est là. Tu es un grain de sable dans le désert d’Amazon. Il faut se regrouper, rencontrer du monde, se serrer les coudes. N’y a-t-il pas un adage français qui dit, l’union fait la force ?
Bon, je ne vais pas te faire ma théorie sur l’autoédition, je vois qu’on est déjà à 971 mots et le lecteur va s’ennuyer… Mais pour conclure, rien ne vaut un éditeur. Edicool est une jeune Maison d’Edition qui se cherche encore, qui a besoin de se structurer, de créer des collections, mais la créativité est là et les bonnes volontés sont réunies. Donc « que sera, sera ». Tiens tu vois, elles arrivent nos bières, ben non, c’est pour la table d’à côté. Rappelle-le, je crois qu’il nous a oublié ou peut-être que nos têtes ne lui reviennent pas ?

T’aurais pas sorti une version papier de ton bouquin, je penserais que le gars nous snobe parce qu’on donne dans le numérique (rire). Et quant à ton éditeur, je te soupçonne de ne pas dire toute la vérité. J’ai cru comprendre que faire de la retape pour vendre tes salades, c’est pas vraiment ton truc. T’en penses quoi des réseaux sociaux et de leur utilisation en tant qu’auteur ?

Pour info, « Les folles de la Nationale 4 » étaient déjà sur Amazon avant de signer chez Edicool (ce qui a posé quelques problèmes à Paul) et j’ai aussi mon tax id du fisc américain pour le vendre chez Apple, alors tu vois, j’aurais pu rester tranquille, tout seul dans mon coin, mais je ne t’aurais pas rencontré (rire). Quant à la version papier, elle a été éditée par la société pour laquelle je travaille. C’est en quelque sorte de l’autoédition, hormis que je récupère la TVA et que ça passe dans un bilan comptable. L’autoédition en soit, ne me dérange pas, c’est le commerce qui est fait sur le dos des auteurs qui m’agace. Mais si tu réfléchis bien, Amazon et Apple tiennent le même discours, parce que faire croire que tu peux te passer d’éditeur, c’est un poil mensonger, à moins d’être la maman d’Harry Potter…
Ah… et bien, tu vois tout arrive. À la tienne, il me fallait bien ça parce que question causerie, je ne suis pas habitué. Oui, la retape ce n’est pas mon truc, mais t’en connais qui aiment ça ? Les réseaux sociaux pour un auteur, enfin pour moi, c’est un peu comme les bonus d’un DVD, c’est une extension de ton travail. Bien évidemment, tu fais ta pub, mais tu te dévoiles un peu plus, tu montres ce que tu aimes, tes influences, tu sors de ton bouquin… Même dans la manière dont un tweet est rédigé, tu peux renifler le gars, le pressentir, voir si tu es compatible. Et puis honnêtement j’y découvre plein de choses, des auteurs que je n’aurais jamais lu, des nouveaux outils, des nouvelles tendances… Internet est de manière générale une espèce de grosse bête qui se nourrit de l’intérieur, tu ne la vois jamais vieillir, elle engloutit ses peaux mortes. Tout y est toujours nouveau, à la pointe, alors que toi, tu es obligé de changer de lunettes parce que ta vue a encore baissé depuis ton dernier rendez-vous chez l’ophtalmo…
Putain, elle est bonne cette bière, non ? Sinon, comment dire ? Tu as fait un “like” sur la page Facebook des Folles de la Nationale 4 ?

Un « like » ? Non, je préfère les « pokes »… Bon, on en recommande deux avant que celles-ci soient vides ? Il lambine tellement ce serveur qu’il vaut mieux prendre les devants. Pis si on se taisait un peu et qu’on regardait les cons pressés défiler ? (slience).

Vient de sortir aux Editions Edicool : Lili Perdrix et les Comtesses Ferrailles

Lili Perdrix et les Comtesses Ferailles

Du rythme à lire : Les Folles de la Nationale 4 s’invitent pour une saison 2 !

Lili Perdrix et les Comtesses Ferailles

Les Folles de la Nationale 4 sont de retour !

Cette saison 2 sera distribuée en 4 épisodes. Lili Perdrix et les Comtesses Ferrailles, le premier épisode, reprend avec le même soin méticuleux, le souci du détail afin de bercer le lecteur dans une atmosphère bien particulière.

Une étrange Vierge Noire vous fera revisiter les réflexes d’un dictateur africain pourchassant le destin d’une jeune juive. Au rythme de la Couennante et des revendications sociales, vous plongerez dans le quotidien des usines Steinheil, de son personnel, de ses ouvriers et d’un Etabli ; ces jeunes exaltés de bonnes familles qui pour suivre le précepte du Grand Timonier Mao Tse Toung : “il faut descendre de cheval pour cueillir les fleurs”, n’hésitaient pas à s’embaucher en usine.

Du rythme à lire ! De quoi attendre avec impatience le second volet !

Ce premier épisode est disponible ici, aux formats ePub et mobi pour 2,99 €

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