Prépile ou face : Être éditeur c’est prendre des risques

Être éditeur, c’est prendre des risques. Et ce coup-ci, nous en avons pris un gros !

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Lorsque le Mec de l’underground nous a contacté, précisant dans son mail que puisque nous nous targuons d’être cool, nous allions devoir assumer et l’éditer, nous avons d’abord cru à une blague (Edicool bâtard, ça sert à rien de faire le mariole, si c’est pour pas faire d’eBooks avec ma prose qui chlingue !).

Naturellement, comme n’importe quels individus sensés, nous avions archivé son manuscrit avec ceux, les nombreux, qui nous arrivent bourrés de fautes ou écrits dans un français pas convenable, c’est à dire directement dans la corbeille. Mais c’était sans compter sur l’insistance du Mec…

Une fois passées les menaces et autres pressions, une fois causé avec nos mères respectives, et entendu qu’elles n’avaient absolument pas envie de s’encanailler avec de la racaille de seconde zone (Si vous ne me publiez pas, je nique vos mères), il est apparu dans le fil nos échanges que l’auteur de ces invectives n’était qu’un écrivant anonyme aux abois (Putain gars, zyva, assure, il y a que toi qu’est assez chtarbé pour m’éditer !).

Effectivement, pour avoir regardé à gauche, en haut, à droite et en bas, il s’est avéré que personne ne serait assez dérangé mentalement pour signer ce type, d’autant qu’avec lui, hors de question de se contenter d’un échange de contrat par mail, et que nous devions au préalable nous rencontrer (Bolosse, tu crois quand même pas que je vais te confier mon oeuvre sans avoir vu ta ganache ?).

L’honneur de nos mères, ainsi que leur sécurité physique et sanitaire étant en jeu, nous dûmes alors tirer à pile ou face celui qui devrait se dévouer et aller à la rencontre du Mec de l’underground. Bien sûr, avec un individu de cet acabit, il ne fût pas davantage question de le convier dans nos locaux que de se donner rendez-vous dans un lieu neutre, au café de Flore ou n’importe quel autre repère d’écrivain du VIème arrondissement (Puisque tu tiens absolument à m’éditer va falloir que tu bouges ton cul d’intello et que tu descendes chez les déclassés.).

Il va sans dire que le malheureux sur qui le destin s’arrêta, ne revint que trois jours plus tard et non sans séquelles : la tronche salement amochée, car pour prouver son courage et sa détermination, il avait dû se bastonner tour à tour avec le Mec, Malo Kid et le Black Rabbit ; les pupilles dilatées et les yeux injectés de sang, car pour démontrer sa bonne foi, il avait dû tester toutes sortes de drogues plus violentes et hallucinogènes les unes que les autres ; ainsi que des chancres bizarres au bout de la queue, car il avait été soit-disant obligé de se taper la frelonne sans capote.

D’ailleurs au jour d’aujourd’hui, alors que je rédige cette préface avec un flingue collé sur le haut du crane, il se remet doucement de son immersion dans une clinique psychiatrique.

Ainsi, être éditeur c’est prendre des risques, et avec le Mec nous en prenons des gros, car il s’avère que la littérature underground, harboiled et explicite, c’est la came dont il est le plus accro. Je le cite : Dépêche-toi de finir ta bafouille ou je te marave. J’ai pas que ça à foutre ! J’ai plein d’autres nouvelles d’enculé à écrire. Reviens me voir la semaine prochaine dans l’underground, je t’en filerai bézef. J’ai un roman qui t’attend aussi, et t’as intérêt à me dégoter le Gongourt avec, sinon je te crève. T’as compris bouffon ?.

Avec le Mec de l’underground, jamais la littérature française et contemporaine n’aura autant ressemblé à un sport de combat.

L’éditeur du Mec de l’underground.

PS : Achetez son eBook, sinon je suis mort.

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